Un nouveau round de négociations sur la question du Sahara s’est ouvert, ce lundi après-midi, à l’ambassade des États-Unis à Madrid. À l’initiative du président Donald Trump, la rencontre réunit autour de la même table le Maroc, l’Algérie, le Front Polisario et la Mauritanie, sous la supervision directe de l’émissaire américain Massad Boulos.
Cette séquence s’inscrit dans une volonté assumée de Washington d’accélérer le tempo. L’administration américaine cherche à sortir le processus de l’inertie en imposant une feuille de route structurée, assortie d’objectifs précis et de délais resserrés. L’enjeu est clair : forcer les parties à clarifier leurs positions et à entrer dans une phase plus opérationnelle.
Au cœur des discussions figurent deux nœuds majeurs. D’abord, la définition du concept d’autodétermination, toujours source d’interprétations opposées. Ensuite, la mise en place d’un comité technique chargé de traduire politiquement et juridiquement le plan d’autonomie sur le terrain. Ce mécanisme devrait associer des experts juridiques représentant chacune des parties prenantes.
La réunion de Madrid s’inscrit dans la continuité des précédentes tentatives internationales, menées notamment sous l’égide des Nations unies. Des pourparlers avaient déjà été organisés à Manhasset en 2007, puis à Genève en 2018 et 2019, sans parvenir à réduire l’écart entre les positions marocaine et algérienne.
Malgré l’implication directe de Washington, les lignes restent figées sur plusieurs points structurants. L’initiative américaine vise toutefois à changer la dynamique, en substituant à la logique des déclarations une approche fondée sur des étapes concrètes et mesurables.
Les dernières discussions officielles entre les quatre parties remontaient à mars 2019 à Genève. Six ans plus tard, le dossier revient sur la table, sous pression américaine, avec l’ambition affichée de transformer le dialogue en processus de décision.


